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La région des Grands Lacs américains et canadiens : territoire industriel

Situation géographique

La région des Grands Lacs de l’Amérique du Nord comprend un système de cinq grandes étendues d’eau qui sont interreliées. Ce système, relié au fleuve Saint-Laurent, constitue la plus vaste étendue d’eau douce au monde. Les Grands Lacs sont situés à la frontière entre le Canada et les États-Unis. La partie canadienne des Grands Lacs se situe dans le sud de l’Ontario. Du côté américain, les Grands Lacs côtoient plusieurs États : le Wisconsin, le Minnesota, l’Indiana, l’Illinois, le Michigan, l’Ohio et la Pennsylvanie.
 

Les Grands Lacs (cliquer pour agrandir)

Il y a officiellement cinq grands lacs qui font partie de ce système. Toutefois, la région comprend un nombre beaucoup plus élevé de plans d’eau dont la dimension est moindre. Les cinq Grands Lacs sont donc : le lac Supérieur, le lac Huron, le lac Érié, le lac Ontario et le lac Michigan. Ce dernier se trouve complètement à l’intérieur des frontières américaines.
 

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Les eaux s’écoulent vers l’est, jusque dans l’océan Atlantique en passant par des rivières entre les lacs, par les chutes du Niagara, le fleuve Saint-Laurent et finalement le golfe du Saint-Laurent.

Le lac Supérieur

La surface du lac Supérieur fait de lui le plus grand lac d’eau douce au monde et il occupe le troisième rang mondial en matière de volume d’eau douce. Son énorme volume permettrait de contenir tous les autres lacs, incluant trois fois le lac Érié. C’est aussi le premier lac du réseau, celui dont l’altitude est la plus élevée. Le temps de rétention du lac Supérieur est de 200 ans, c’est-à-dire que les eaux y demeurent pendant 200 ans avant de s’écouler. Actuellement, le lac Supérieur est le moins pollué du réseau.

Le lac Michigan

Seul lac du réseau à se trouver complètement en territoire américain, le lac Michigan occupe le troisième rang des Grands Lacs en ordre de taille. Le secteur le plus au nord du lac est la partie qui est la moins développée dans l’ensemble de la région. C’est l’endroit où il y a le moins de ressources et où il fait le plus froid. Son temps de rétention est d’environ 100 ans, ce qui est tout de même considérable pour un lac de cette dimension. Ce laps de temps s’explique par le fait que l’eau entre et sort du lac par la même voie, la circulation est donc ralentie.

Le lac Huron

Le lac Huron est le deuxième plus grand lac du réseau des Grands Lacs et se classe cinquième au monde. Il est aussi formé d’une immense baie, la baie Georgienne, qui à elle seule, pourrait se classer parmi les 20 plus grands lacs au monde. Le lac reçoit les eaux des lacs Supérieur et Michigan. Sa rétention d’eau est toutefois beaucoup plus courte puisque les eaux n’y restent que 22 ans. Le lac Huron abrite aussi quelque 30 000 îles ainsi que plusieurs espèces d’oiseaux.

Le lac Érié

Le lac Érié se distingue des autres lacs par sa profondeur moyenne de 19 mètres. C’est donc le moins profond des cinq lacs. Ses eaux se réchauffent rapidement au printemps et gèlent complètement en hiver. Le lac Érié reçoit les eaux des lacs Supérieur, Michigan, Huron et Saint Clair (l’un des lacs plus petits du réseau). Le débit y est puissant puisque son temps de rétention n’est que de 3 ans, le plus court temps de rétention des Grands Lacs.

Le lac Ontario

Le lac Ontario est un peu plus petit que le lac Érié, mais il contient un volume d’eau quatre fois supérieur étant beaucoup plus profond. Le lac Ontario est bordé par les chutes du Niagara et la rivière des Mille-Îles. Le temps de rétention du lac Ontario est de 6 ans, après quoi les eaux se dirigent vers le fleuve Saint-Laurent.


Les chutes Niagara (cliquer pour agrandir)

Les métropoles autour des Grands Lacs

Plusieurs grandes villes se sont développées sur les rives des Grands Lacs, tant du côté américain que du côté canadien. Les grandes villes canadiennes situées à proximité de ces lacs sont Toronto et Ottawa (sur les rives du lac Ontario), Hamilton (entre les lacs Érié et Ontario), Thunder Bay (au nord du lac Supérieur) et Sault-Sainte-Marie (entre les lacs Supérieur et Huron). Du côté américain, on retrouve Milwaukee et Chicago (sur la pointe sud du lac Michigan), Détroit et Cleveland (sur les rives du lac Érié) et Buffalo (entre les lacs Érié et Ontario).

 
Toronto s’est développée directement sur les rives du lac Ontario (cliquer pour agrandir)
 
Toutes ces villes, et certaines autres villes plus petites, font partie des grands secteurs industriels de la région des Grands Lacs. D’ailleurs, la région des Grands Lacs abrite un peu plus du quart de la population canadienne et un peu plus du dixième de la population américaine, regroupant ainsi 40 millions d’habitants au total. Cette région est celle dont la densité de population est la plus élevée dans toute l’Amérique du Nord.


Chicago, vue du lac Michigan (cliquer pour agrandir)

Les avantages industriels de la région

Les villes se sont développées au rythme des industries. En effet, plusieurs ressources naturelles foisonnent dans le secteur : minerais et forêts. En plus de la proximité des ressources, les industries avaient un autre avantage considérable à s’installer dans ce secteur : le transport. Ces grandes étendues d’eau permettent de transporter facilement toutes les matières premières et les produits finis. Les échanges commerciaux sont donc facilités grâce aux axes de transport. Tout le réseau des Grands Lacs peut favoriser le transport vers le fleuve Saint-Laurent, mais aussi vers le sud des États-Unis grâce aux fleuves qui sont les affluents des Grands Lacs.

Les industries dans la région

Histoire et développement industriel

Avant même l’avènement de la révolution industrielle, les populations s’installaient déjà dans la région des Grands Lacs. En effet, cette région comprend une très grande surface de terres agricoles fertiles. De plus, les ressources forestières y sont abondantes. Avant l’industrialisation, les habitants avaient commencé à exploiter le potentiel du territoire : agriculture, pêche et utilisation du bois. Peu à peu, ces activités ont développé un commerce lucratif. La quantité de ressources exploitées a alors augmenté, mettant même en péril certaines espèces de poissons et certains secteurs forestiers.
 
Dès le début de la révolution industrielle, cette exploitation massive a continué de se développer, tant l’exploitation forestière que l’exploitation agricole. À ces deux types de commerce, s’ajoutait maintenant une autre ressource naturelle : les ressources minières. En effet, dans certains secteurs de la région, on retrouvait plusieurs mines de charbon et de fer. Comme plusieurs machines du début de la révolution industrielle fonctionnaient au charbon, ces mines se sont avérées très utiles.
 
La région a également profité de l’arrivée massive d’immigrants européens qui ont choisi de s’installer dans les villes près des Grands Lacs. Ces immigrations ont totalisé quelque 40 millions de nouveaux habitants au cours du 19e siècle ainsi que 10 millions de plus dans la première décennie du 20e siècle. C’est au cours de ces vagues d’immigration que Toronto, Chicago et Détroit ont connu leur plus grande croissance économique et démographique. L’industrialisation et l’arrivée d’immigrants ont fortement participé à l’urbanisation de la région.
 
Les industries ne profitaient plus seulement d’une voie maritime efficace, les voies de transport se sont aussi développées : chemins de fer, aéroports, ports et autoroutes. L’axe de transport principal demeure toutefois la Voie maritime du Saint-Laurent. Depuis son ouverture en 1959, cette voie permet aux gros cargos de circuler facilement dans le Saint-Laurent, et ce, jusqu’au lac Supérieur, grâce à un système d’écluses.


La Voie maritime du Saint-Laurent vue de profil (cliquer pour agrandir)

Les industries et l’économie

C’est ainsi que se sont développées les industries des Grands Lacs, faisant de cette région l’un des plus grands pôles industriels au monde, le plus grand centre industriel au Canada et l’un des plus grands aux États-Unis. C’est donc à cet endroit que la concentration d’industries est la plus élevée.

 
Le commerce maritime dans la région des Grands Lacs (cliquer pour agrandir)
 
L’une des industries ayant le plus profité de ce fort développement est sans doute l’industrie automobile. C’est en effet autour du lac Michigan que plusieurs grands constructeurs automobiles américains se sont installés : Chrysler, General Motors et Ford. Cette industrie représentait alors environ 10% du PIB américain. Les nombreuses mines de fer dans les environs avaient incité les compagnies à s’installer dans ce secteur.
 
Malheureusement, depuis les années 1970 et 1980, l’industrie automobile américaine et même canadienne doit faire face à l’énorme compétitivité des industries japonaises et chinoises. Les voitures japonaises étaient non seulement de plus en plus populaires sur le marché américain, mais les fabricants de voitures japonais étaient plus efficaces que les Américains.
 
La Chine s’est tellement développée au cours des dernières années qu’elle occupe maintenant le premier rang mondial en matière de production et de consommation d’acier. Même si la Chine produit quelques modèles de voiture qui lui appartiennent, la majorité des voitures manufacturées en Chine demeure produite par des entreprises étrangères. Les entreprises américaines et canadiennes profitent parfois des installations de certains pays, dont la Chine ou la Corée du Sud pour faire fabriquer leurs voitures à moindres coûts. La région des Grands Lacs a donc été victime de la délocalisation et de l’efficacité des pays ateliers.
 
La ville de Détroit a perdu presque la moitié de ses habitants entre 1950 et 2003. Cette chute drastique de la population s’explique par la fermeture de plusieurs manufactures de voitures.
Aujourd’hui, c’est l’ensemble de la région des Grands Lacs qui œuvre pour faire survivre les industries. Les fabricants de voitures qui restent doivent innover tant dans les produits qu’ils proposent que dans les technologies qu’ils utilisent. De plus, plusieurs nouveaux secteurs se développent pour assurer une meilleure diversité économique : industrie pharmaceutique, produits chimiques et informatique.

Les industries et l’environnement

Tout ce foisonnement d’activités industrielles intenses a malheureusement eu des répercussions environnementales graves. Plusieurs compagnies déversaient directement, jusque dans les années 1980-1990, leurs eaux usées dans les lacs. Comme le temps de rétention d’eau des Grands Lacs est assez grand, tous les produits toxiques ont alors tendance à s’accumuler dans les eaux. En plus des eaux usées qui sont rejetées, il faut aussi compter les polluants qui sont rejetés dans l’air par les cheminées.

 
Mode de propagation de la pollution dans les lacs près des industries (cliquer pour agrandir)
 
Ces toxines s’accumulent dans l’eau et dans l’air. Ce sont d’ailleurs ces polluants qui sont en partie responsables des pluies acides. Malgré les spécialistes qui annonçaient que les produits toxiques ne quittaient pas les eaux des Grands Lacs, au cours des années 1990, on constatait que certains de ces produits toxiques se retrouvaient jusque dans le Saint-Laurent, près du Golfe. Plusieurs espèces de poissons étaient alors contaminées et malades. D’ailleurs, plusieurs bélugas ont été infectés par ces produits toxiques, certains en sont même morts.

 
L’état de la pollution dans les Grands Lacs (cliquer pour agrandir)
 
Parmi les produits toxiques émis, le plus dangereux est le mercure. Celui-ci se retrouve dans les systèmes des animaux et ne peut être ingéré par les humains. En infime quantité, il n’a pratiquement pas d’impact, en plus grande quantité, il peut causer de graves problèmes de santé comme le cancer. Comme le mercure s’accumule dans les organismes, les animaux les plus à risque sont ceux qui sont au-dessus de la chaîne alimentaire : gros poissons, bélugas, humains.
 
Plusieurs activités causent l’émission de ces produits toxiques : agriculture, pesticides, rejets industriels, déchets municipaux et pluies acides. Les Grands Lacs ont pour leur part reçu quelque 30 000 produits chimiques différents pendant l’industrialisation. L’aménagement de la Voie maritime du St-Laurent a également contribué à l’augmentation des toxines présentes dans l’eau. Non seulement les produits rejetés par les moteurs ont augmenté proportionnellement avec le nombre de bateaux empruntant la voie fluviale, il y a aussi eu les toxines qui se sont libérées du sol lorsque l’on a creusé les voies de passage.

 
Les pluies acides sont aussi un problème près des Grands Lacs (cliquer pour agrandir)
 
Plusieurs actions ont été prises depuis les années 1970 pour diminuer la pollution émise et ses conséquences : diminution des émissions polluantes, diminution des déchets produits et recyclage accru. Ces actions ont été motivées par plusieurs lois environnementales. Ces lois ont eu leur effet : il y a effectivement moins de pluies acides que dans les années 1980, même si les pluies demeurent plus acides dans ce secteur que dans les régions non polluées. Le secteur demeure encore aujourd’hui sous haute surveillance. Plusieurs endroits sont même identifiés comme des secteurs préoccupants, où il est important d’agir pour assurer la protection de ces endroits.

 
L’identification des secteurs préoccupants (cliquer pour agrandir)

Les exercices

Les références