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Le Moyen Âge

Le Moyen Âge est la période historique qui est comprise entre l'Antiquité et les temps modernes. On s'accorde pour dire que le Moyen Âge commence en 476 et se termine en 1492.

Concrètement, le Moyen Âge débute en 476, l’année où l’Empire romain d’Occident fut conquis par les peuples barbares. Étant donné la longueur de cette période historique, le Moyen Âge a été divisé en deux phases distinctes : le Haut Moyen Âge et le Bas Moyen Âge. Le Haut Moyen Âge représente la première moitié de cette grande période; il a débuté au 5e siècle et s'est terminé au début du 10e siècle. Ce sont les innovations techniques et les transformations sociales qui sont survenues dans la seconde moitié de la période médiévale qui justifient cette division.

 
Les peuples barbares en Europe au début du Moyen Âge (cliquer pour agrandir)

Des transformations sociales avant la fin de l’Empire romain (3e et 4esiècles)

En fait, pendant les dernières décennies de l’Antiquité romaine, des transitions dans la société annonçaient déjà les changements survenus au Moyen Âge. La société médiévale n’est donc pas née du jour au lendemain. Au 3e siècle, plusieurs citoyens de l’Empire romain tentaient d’échapper au contrôle de l’administration romaine afin d'éviter de payer des taxes et des impôts et d'occuper des charges militaires ou politiques. Peu à peu, ces habitants ont migré vers les milieux ruraux, où ils vivaient avec moins de contraintes.
 
Au 4e siècle, plusieurs peuples barbares s’installaient dans les villes et les campagnes de l’Empire romain. Ils ne désiraient pas envahir les territoires, mais seulement s’y intégrer. D’ailleurs, les autorités romaines ont d’abord tenté d’intégrer ces nouveaux arrivants à leur culture et à leur structure administrative. Pendant plusieurs décennies, les diverses cultures se sont fusionnées les unes aux autres. La couleur romaine tendait donc à se diluer parmi cette multitude de cultures. Conséquemment, l’Empire romain et ses habitants adopteront des coutumes et des habitudes nouvelles et variées.
 
À la fin du 4e siècle, l’empereur Constantin a reconnu officiellement la religion chrétienne. Dès que le christianisme fut considéré comme la seule religion officielle de l’empire, l’Église s’est abondamment développée et est devenue de plus en plus puissante au sein de l’Europe. La foi chrétienne s’est graduellement imposée comme ciment social. Au cours du Moyen Âge, le christianisme est devenu la voie de passage obligée pour l’atteinte du pouvoir. Par exemple, Clovis et les Francs ont réussi à conquérir les territoires à partir du moment où Clovis s’est converti et a reçu l’appui du pouvoir papal.
 
Au début du Moyen Âge, plusieurs peuples vivent sur le territoire européen. La langue latine, langue commune à toutes les régions, a favorisé le maintien des relations commerciales entre les villes.

Un repli sur les terres

Le Moyen Âge est marqué par un fort retour à la terre, c’est ce qu'on appelle la ruralisation. L'aristocratie s’est d'ailleurs graduellement repliée sur les terres agricoles, augmentant ainsi son pouvoir.

La fin de l’Empire romain et le développement des royaumes germaniques (6esiècle)

Au cours du 6e siècle, les peuples barbares ont agrandi leurs frontières par la conquête de territoires. Ces peuples d’origine germanique ont créé des petits royaumes : les Francs (en France), les Lombards (en Italie), les Wisigoths (en Espagne), les Anglos et les Saxons (en Grande-Bretagne). Au cours du Haut Moyen Âge, tous ces royaumes n’auront pas de frontières stables. Plusieurs guerres, qui ont eu cours à la fois entre les différents peuples et au sein de chacun d’eux, ont modifié à maintes reprises les frontières. De plus, les peuples arabes se sont également emparés des territoires espagnols et ont tenté de prendre le contrôle d’une bonne partie de l’Europe.

Formation d’un empire chrétien

Le règne de Charlemagne fut rempli par de nombreuses conquêtes territoriales. Le roi des Francs fut d’ailleurs nommé empereur par le pape. Toutefois, le pouvoir de l’empereur était assujetti au pouvoir du pape. Le lien entre l’Église et la politique s’est accentué au cours de cette période. Sous Charlemagne, l’Empire chrétien met sur place un système administratif régional. En fait, depuis la chute de l’Empire romain, les routes et les forêts n’étaient plus aussi sécuritaires qu’au temps de l'empire. Les rois et les empereurs n’arrivaient plus à assurer la sécurité de leur peuple. C’est pourquoi Charlemagne a divisé son territoire et a délégué plusieurs pouvoirs à des administrateurs régionaux. Le système féodal a pris naissance dans cette structure régionale.
 
C’est d’ailleurs Charlemagne qui a imposé à tous les hommes libres de prêter un serment de vassalité ainsi qu'un serment de fidélité à l’empereur. Un serment de vassalité est un serment qui officialise un lien de dépendance (vassalité) entre deux hommes (un seigneur et un vassal). Un serment de fidélité est un serment par lesquel tous les hommes libres prêtent serment d'être fidèles au roi, à l'empereur.

 
La division de l’Empire carolingien par les petits-fils de Charlemagne (cliquer pour agrandir)

Système féodal 

Le système féodal est le mode d’organisation sociale associé à la période médiévale. La féodalité s’exerce principalement dans les milieux ruraux. C’est pourquoi cette organisation apparaît au Moyen Âge, époque où la population retournait massivement dans les campagnes.

La féodalité est un système politique et social médiéval en place dans une partie de l’Europe à partir de l’ère carolingienne jusqu’à la fin du Moyen Âge qui repose sur l’existence de fiefs et de seigneuries, sur un lien de dépendance entre le seigneur et son vassal (vassalité) ainsi que sur la domination d’un groupe de guerriers.

De plus, l’influence des peuples barbares a considérablement modifié les règles de vie, les codes d’éthique et la manière d’accumuler et de répartir les richesses. Ces modifications ont influencé le régime féodal. Les relations sociales sont tissées en fonction des services rendus. Étant donné que les routes et les forêts n’étaient plus aussi sécuritaires, les habitants n’osaient plus effectuer autant de voyages qu’avant. De plus, ce sentiment de peur incitait plusieurs groupes à chercher la protection auprès d’autres personnes.
 
La structure sociale était donc hiérarchisée en fonction des rôles : les plus puissants profitaient du travail des autres en échange de leur protection alors que les plus pauvres donnaient plus qu’ils ne recevaient.

La structure sociale 

Cette répartition des terres et du pouvoir amène un État morcelé et faible. L’organisation dépendait plutôt de plusieurs petites unités imbriquées les unes dans les autres. La ruralité a déplacé la vie sociale des villes vers les campagnes situées autour du château du seigneur. Grâce à la décentralisation du pouvoir, les membres de la noblesse obtenaient de plus en plus de pouvoirs et de responsabilités. Rapidement, la noblesse a su en profiter et est devenue plus riche que les rois et les suzerains.

Pour bien comprendre la féodalité, il importe de connaître quelques mots de vocabulaire reliés à ce système : seigneur, suzerain, vassal et fief.

Au Moyen Âge, un seigneur est un homme qui concède la possession de ses terres à d’autres hommes (des vassaux) qui demeurent sous sa dépendance.

Un seigneur suzerain est un seigneur supérieur aux autres qui a concédé un fief à un vassal.

Un vassal est une personne qui dépendait du suzerain duquel elle recevait un fief.

Un fief est une terre, un droit ou un revenu qu'un vassal tenait de son seigneur moyennant certains services dus à celui-ci.

Les seigneurs suzerains

Les riches seigneurs possédaient de grandes terres. Par contre, ces terres et les possessions n’étaient pas protégées des bandits. C’est pourquoi ces seigneurs allaient chercher l’aide et la protection des vassaux. Le seigneur suzerain demeurait toujours le réel propriétaire du fief.

Les vassaux                                                      

Les vassaux offraient leurs services et leur servitude au seigneur. Le vassal devait lui prêter serment. Dès lors, il occupait une partie des terres (un fief) en échange de quoi il fournissait des soldats au seigneur. Le vassal offrait également une partie de ses revenus à son seigneur. En retour, ce dernier le protégeait. La terre occupée par le vassal regroupait généralement quelques champs et quelques villages. Bien qu’il n'était jamais le propriétaire du fief, le vassal pouvait l’administrer à sa guise et en utiliser les ressources et les produits.

Les arrières-vassaux

De manière générale, le fief du vassal était beaucoup trop grand pour que celui-ci s’en occupe seul. C’est pourquoi il faisait affaire avec des arrières-vassaux. Les arrières-vassaux étaient responsables d’une partie du fief, ce qui représentait quelques hameaux (petits groupes d'habitations isolées). L’entente entre le vassal et l’arrière-vassal est similaire à celle entre le vassal et le seigneur suzerain.

Les sous-vassaux

Les arrières-vassaux déléguaient une partie du travail à des sous-vassaux qui devenaient responsables de quelques parcelles de terre et de quelques maisons.

Les paysans et les artisans

Dans cette organisation pyramidale, la classe pauvre la plus avantagée était celle des artisans. En effet, ces derniers étaient des hommes libres de tout engagement. Ils travaillaient le fer, le cuivre, le bois et la laine. Ils obtenaient un atelier et une maison en échange des outils qu’ils produisaient.
 
Les alleutiers étaient des paysans, mais ils étaient également libres de tout engagement. Propriétaires d’un alleu, terre sans le contrôle d’un seigneur, ils avaient tout de même besoin de protection. Pour que ce besoin soit comblé, ils étaient contraints à échanger une partie de leurs récoltes, à accomplir des tâches et à payer des taxes.
 
Les serfs n'étaient pas des esclaves, mais n’étaient pas non plus des hommes libres. Attachés à une terre et à un seigneur, ils devaient servir et travailler sur les terres en échange de la sécurité et de la stabilité. De tous les niveaux hiérarchiques de la féodalité, c’était les serfs qui avaient la vie la plus pénible.
 
À cette époque, les paysans formaient 95% de l’ensemble de la population.

L’expansion du régime féodal

Les peuples normands ont envahi plusieurs territoires dans lesquels ils ont exporté le régime féodal : Sicile, Angleterre, Espagne. Les croisades ont également contribué à l'exportation de ce mode d’organisation en Orient. Au 12e siècle, les fiefs d’Europe les plus importants se situent au nord et au centre du continent. Ce sont ces fiefs qui ont donné naissance aux régions et aux états modernes. Le régime féodal s’est maintenu en Europe jusqu’à la Révolution française.

La vie au château

La terre du seigneur était officiellement divisée en deux parties distinctes. La réserve domaniale, réserve du maître qui abritait le château seigneurial, et les manses. Le château seigneurial était au centre d’un circuit fermé autour duquel évoluait toute la population du fief. Le château réunissait les habitations du seigneur, celles des soldats et celles des hommes libres. La réserve domaniale était également occupée par des champs, des vignes, des forêts, des pâturages, des terrains de chasse, des écuries, des entrepôts, des magasins, des fours, des ateliers, etc. Le but de cette organisation était d'affranchir le château du monde extérieur en cas de siège ou d’attaque.
 
Autour de la réserve du maître se trouvaient les manses, les terres attribuées aux familles paysannes. Les serfs possédaient ainsi un potager, une basse-cour et un élevage de porcs. Ils avaient la permission de faire paître leurs bêtes sur les terres en jachère (les terres non cultivées).


Un château médiéval (cliquer pour agrandir)

Les chevaliers

Avant le Moyen Âge, les terres étaient partagées entre les fils en héritage. Dès le début du Moyen Âge, le fils aîné était l’unique héritier du fief. De leur côté, les autres fils héritaient de monnaie, d’une armure, d’un cheval dressé pour le combat, d’une épée et d’un écuyer. Leur but était donc de conquérir leur fief par leur force et leur équipement. Ces fils à la recherche d’un nouveau fief étaient les premiers chevaliers.

 
Chevaliers représentés sur une tapisserie (cliquer pour agrandir)

Au cours du Haut Moyen Âge, la chevalerie s’est considérablement développée pour devenir un ordre militaire très près de l’Église. Les chevaliers s’engageaient alors à servir le bien, la justice et l’honneur. C’est de cette époque que sont tirées les histoires du roi Arthur.

L’assolement triennal

Nouveauté dans les pratiques agricoles du Moyen Âge, l’assolement triennal impliquait une rotation des terres sur trois ans dans lequel chaque champ suivait le rythme suivant : un an de céréales, un an de légumes et un an de jachère. La jachère était déjà pratiquée pendant l’Antiquité. Toutefois, la rotation s’effectuait aux deux ans : un an de plantation et un an de jachère. L’assolement triennal favorisait une meilleure fertilité des terres tout en augmentant de près de 50% la production.


Schéma explicatif de l'assolement triennal (cliquer pour agrandir)

Ordres sociaux

La nouvelle hiérarchie mise en place par le régime féodal a totalement changé l’organisation de la société.

 
Représentation artistique des trois ordres : le clergé, la noblesse et le tiers-état (cliquer pour agrandir)

Chaque ordre social se reconnaissait par les vêtements et la coiffure. C’est au Moyen Âge que se sont instaurés les trois ordres sociaux. Officiellement, ils ont été nommés et décrits par un moine du 11e siècle, même s’ils décrivent très bien la société du Haut Moyen Âge. Cette hiérarchie, divisée selon la proximité des gens avec Dieu, était encore en place au début de la Révolution française.

Le clergé

Ceux qui consacraient leur vie à Dieu et à la prière méritaient le premier rang. Serviteur de Dieu et investi du pouvoir divin sur terre, le clergé était formé de tous les niveaux hiérarchiques des hommes d’église : évêques, curés, moines. Le Haut Moyen Âge est d’ailleurs caractérisé par les débuts et l’expansion de la vie monastique. Régie par des règles strictes, la vie des moines se concentrait principalement sur la prière, les chants religieux, l’étude des textes sacrés et le travail manuel. Plusieurs d’entre eux recopiaient des manuscrits.
 
Les moines et les membres du clergé furent longtemps les seuls dépositaires de la culture antique. Ce sont eux qui ont participé à l’élaboration d’une nouvelle définition de la culture occidentale basée sur la chrétienté. L’Église reprenait ainsi le contrôle de la vie spirituelle en imposant une vision manichéenne du monde dans laquelle Dieu et le Diable s’opposent.

La noblesse

Ceux qui combattent forment la deuxième section de la société. Ne consacrant pas leur vie à Dieu, ils méritaient toutefois une place de distinction grâce à leur implication dans le pouvoir et dans les guerres et également en raison de leur devoir de protection. Les nobles étaient rois, seigneurs, vassaux et chevaliers.

Le tiers-état

Ceux qui travaillent, bien que représentant la quasi-totalité de la population, étaient appelés le tiers-état. Cette catégorie était formée par le peuple, soit les paysans, les artisans, les marchands et les travailleurs. À cette époque, le travail de la terre était considéré comme étant dégradant. Les membres du tiers-état n'avaient pas le loisir de consacrer leur vie aux nobles causes, ils étaient plus occupés à assurer leur survie et à subvenir à leurs besoins de base.

Développements technologiques

Dès la Renaissance, les intellectuels ont propagé l’idée que le Moyen Âge était une époque pendant laquelle il n’y avait eu aucune innovation ni aucune invention. Toutefois, pendant les dix siècles du Moyen Âge, il y a eu des inventions marquantes, surtout dans le domaine agricole, qui ont facilité la vie des paysans.

Les développements en agriculture

Outre la rotation triennale des terres qui a permis aux paysans d’augmenter leur production de 50% et d’en vendre les excédents, plusieurs outils ont également été mis au point pour faciliter les nombreuses étapes liées à la culture de la terre. Les instruments de métal remplacent les outils de bois, une nouvelle charrue plus adaptée aux sols humides du nord du continent est conçue, les attelages deviennent plus efficaces (permettant d’utiliser les chevaux dans les labours).

 


Deux inventions du Moyen-âge : la charrue à roues avec soc de métal et le harnais rigide 

Les moulins : énergie qui facilite le travail

Le moulin à eau n’a pas été inventé au Moyen Âge, mais il a été redécouvert et réutilisé à cette époque. La roue hydraulique du moulin permettait de récupérer l’énergie de l’eau afin d’accomplir plusieurs types de tâches comme remonter l’eau pour irriguer les terres, fabriquer du fil de fer, moudre des céréales. C’est également au Moyen Âge que les gens ont appris à transformer le mouvement circulaire en mouvement rectiligne. Cette énergie pouvait servir dans les fonderies et les ateliers où l'on travaillait le métal et le bois.
 
Les moulins à eau n’étaient pas les seuls utilisés pendant cette période : le moulin à vent a aussi été développé et utilisé.

Les inventions de la fin du Moyen Âge  

Plusieurs inventions de la fin du Moyen Âge ont facilité les innovations de la Renaissance. Par exemple, dans le domaine de la navigation, l’invention de la boussole et de la voile latine triangulaire ont permis les explorations maritimes du 15e siècle et du 16e siècle. Dans les autres secteurs, les inventions les plus importantes sont les lunettes (13e siècle) et la xylographie.

La xylographie est un procédé par lequel on peut reproduire une image. On se sert d'une empreinte en bois, gravée, qui sert d'estampe pour reproduire une image ou un dessin sur du tissu, du papier, etc. Ce procédé a l'avantage d'être plus rapide que la reproduction à la main que faisaient les moines copistes.


Une image réalisée à partir d'une gravure sur une tablette de bois réalisée au 15e siècle (cliquer pour agrandir)
Source

Les exercices

Les références

Le haut Moyen Âge
Dates importantes du haut Moyen Âge

Le système féodal

L’enfant au Moyen Âge

La vie quotidienne au Moyen Âge

La technique et la science au Moyen Âge