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La civilisation du Nil (Égypte)

La civilisation du Nil a vécu il y a environ 5000 ans jusqu’au début de l’ère chrétienne (naissance du Christ) sur les terres de l’Égypte actuelle sur tout le pourtour du célèbre fleuve, le Nil. La civilisation du Nil doit sa survie à ce fleuve qui a su créer une étroite bande de terre fertile de part et d’autre de ses rives. Le Nil s’étend sur environ 6600 km et prend sa source dans les montagnes de l’Éthiopie. Il coule du sud vers le nord et se subdivise en plus petites rivières formant un delta avant de se jeter dans la mer Méditerranée.

 
 Le Nil (Égypte) (cliquer pour agrandir)       
 
Le secret d’une terre si riche aux abords du Nil provient du phénomène de la crue des eaux qui survient chaque saison de pluie. La crue des eaux est une montée du niveau d’un cours d’eau qui se traduit par l’apport de riches substances nutritives sur les terres inondées. Durant la décrue (baisse du niveau de l’eau), seule l’eau se retire. Toutes les substances riches et nutritives pénètrent le sol et le fertilisent.
 
À l’époque de l’Égypte ancienne, les groupes humains avoisinant le Nil pratiquaient en grande majorité l’agriculture. Ils cultivaient plusieurs sortes de fruits et de légumes. Comme la civilisation de la Mésopotamie, la civilisation du Nil à su tirer profit de l’eau du fleuve en creusant des canaux et en irriguant les terres un peu plus loin du Nil.

L'écriture

L'écriture est apparue en Égypte pour combler les besoins de la société. Elle est utilisée pour l'administration de l'État, la religion et aussi pour souligner les faits d'armes et les grands moments du règne des rois. Elle sert également dans la diplomatie entre les États, comme on peut le voir avec le traité de Qadesh.

Le traité de paix de Qadesh

Ce traité est le tout premier traité de paix connu. Il fut signé en 1259 av. J.-C., entre le pharaon Ramsès II et le roi hittite Hattousil III. Ce traité mit fin à une guerre de plus de 17 années. Le traité est écrit en babylonien, langue officielle de l'époque, et gravé sur une plaque d'argent. Il fut recopié sur une tablette d'argile qui a été retrouvée dans un village au début du 20e siècle.


Copie du traité de Qadesh (cliquer pour agrandir)
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Les hiéroglyphes

L’Égypte ancienne a une particularité très connue : les hiéroglyphes. Cette forme d'écriture s'est implantée presque en même temps que l’écriture cunéiforme apparue il y a environ 6000 ans en Mésopotamie. L’écriture hiéroglyphique fut employée pendant plus de 3000 ans. Ses signes sont des dessins qui font référence à des objets de la vie de tous les jours, des animaux et des plantes. Cependant, l’utilisation des hiéroglyphes se limitait aux textes religieux, aux inscriptions officielles, aux inscriptions funéraires et aux formules d’offrandes pour les dieux ou le pharaon.
 


 Images de hiéroglyphes      

L’écriture de l’Égypte ancienne était constituée de trois types de signes : les pictogrammes (des dessins stylisés représentant des êtres, des objets), les phonogrammes (représentant des sons) et les déterminatifs (indiquant la catégorie d'un objet). L’écriture se lisait de droite à gauche et le sens était donné par l’orientation des têtes humaines ou d’oiseaux. 
  
La civilisation du Nil a vu sa forme d’écriture se modifier : l’écriture hiéroglyphique est passée à l’écriture hiératique, une simplification des anciens hiéroglyphes effectuée par les scribes. L’écriture hiératique s’est à son tour transformée pour créer l’écriture démotique. La civilisation de l’Égypte ancienne n’a pas vu son style d’écriture changer du jour au lendemain. Il y a eu des périodes où deux ou trois styles d’écriture coexistaient.

 
Écriture hiératique


Écriture démotique

Jean-François Champollion et la pierre de Rosette

En 1799, lors de travaux effectués sur les murs d’une ancienne forteresse située en Turquie, un jeune ingénieur français découvrit une pierre de plus d’un mètre de haut gravée d’inscriptions étranges.
 
La pierre, découverte dans le village de Rachïd (qui veut dire rosette) fit l’objet d’études pour pouvoir y déchiffrer l’écriture. C’est un autre français, Jean-François Champollion, qui sera enfin en mesure de traduire le texte après huit années à étudier la pierre. Les inscriptions sur la pierre de Rosette sont en fait un même texte rédigé en trois systèmes d’écriture différents : les hiéroglyphes, le démotique et le grec. Le texte est un décret (une ordonnance) qui donne l’ordre d’ériger des statues dans les temples.
 


La Pierre de Rosette (cliquer pour agrandir)

Les pyramides

La civilisation du Nil était l’une des sociétés les mieux organisées de son époque. Son peuple, discipliné, créatif et travailleur a créé de magnifiques monuments, dont l’un des plus connus : la pyramide d’Égypte. La pyramide est en fait un grand centre de culte du pharaon qui symbolise sa puissance et sa richesse. Construire une pyramide demandait la mobilisation de tous les travailleurs de la société. La pyramide servira de tombeau à la mort du pharaon.


Pyramides de Gizeh (Égypte)

Le pouvoir

La période qui couvre l’Égypte ancienne s’étale sur près de 5000 ans, allant du début de l’écriture (fin de la préhistoire) jusqu’au début de l’ère chrétienne (naissance du Christ). Cette époque est caractérisée par de grandes périodes où régnaient les grands rois d’Égypte que l’on appelait pharaons.

 Une dynastie est une succession de souverains d'une même famille.

La civilisation du Nil a été dirigée par plusieurs pharaons. Le pharaon était considéré comme un demi-dieu : il était le chef suprême de la société, le chef de l’administration, le chef des armées, le prêtre suprême et le juge en chef. Plusieurs pharaons se sont succédé au cours d’une dynastie (génération de rois d’une même famille).


Le pharaon Toutankhamon (cliquer pour agrandir)
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La hiérarchie sociale


La hiérarchie sociale (cliquer pour agrandir)

Communication et commerce

La vallée du Nil est très fertile et très riche. Les terres sont cultivables grâce à la crue des eaux du fleuve et à sa décrue (baisse du niveau de l’eau). Lors de la décrue, les eaux se retirent, laissant les substances nutritives qui serviront à fertiliser le sol. La plupart des habitants de l’Égypte ancienne étaient agriculteurs, mais on retrouvait aussi des artisans, des médecins, des architectes, etc.
 
Pour pouvoir communiquer et échanger leurs biens sur de grandes distances, les habitants se déplaçaient en bateau, le Nil étant le meilleur moyen pour se déplacer. La navigation permettait la communication entre le nord et le sud de l’Égypte. Le Nil permettait d’atteindre tous les villages qui se situaient tout près du fleuve. Les habitants ont créé des voies navigables artificielles permettant la liaison entre le fleuve, les temples et les pyramides.

  
Grand voilier de la vallée du Nil (cliquer pour agrandir)
 

Petite embarcation qui naviguait sur les voies navigables artificielles du Nil (cliquer pour agrandir)

La justice

Toutes les lois et le système de justice de l’Égypte ancienne provenaient de la divinité Maât, la déesse de l’ordre, de l’équilibre du monde, de la paix et de la justice. 


La déesse Maât
         

C’est le pharaon qui était responsable de préserver cette paix et cet ordre sur Terre. Ses hauts fonctionnaires, les vizirs, avaient le rôle de juge. Ils écoutaient les plaintes et arbitraient les conflits. Les vizirs réglaient des cas relatifs aux crimes, mais aussi des conflits relatifs à la propriété, aux prêts non remboursés, aux différends entre voisins, etc.
 
Les condamnations avaient une répercussion sur le coupable, mais aussi sur toute sa famille. Ainsi, sa famille pouvait aussi être punie. Par exemple, si la punition était l’extradition du coupable (c'est-à-dire être chassé du royaume), toute sa famille devait partir. Si le fautif devait rembourser un prêt, la famille pouvait être condamnée à le faire à sa place si celui-ci en était incapable.
 
L’Égypte ancienne est une civilisation qui a beaucoup évolué durant son existence. Encore aujourd'hui, elle reste un exemple à suivre en ce qui a trait à l’organisation et au savoir-faire dans plusieurs domaines tels l’architecture, l’agriculture, l’artisanat et la navigation.

La religion

La religion égyptienne est une religion polythéiste, c'est-à-dire qu'il y a plusieurs dieux. En effet, il y en a plusieurs centaines. Certains dieux et déesses ont une forme humaine, comme Osiris et Isis et d'autres ont une forme mi-humaine, mi-animale, comme Horus et Thot.


De gauche à droite : Osiris, Isis, Horus et Thot (cliquer pour agrandir)
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La momification

La momification faisait partie des rites funéraires des Égyptiens. Ils croyaient en une vie après la mort, d'où l'importance de bien conserver les corps. La momification comporte plusieurs étapes durant lesquelles le corps du défunt est lavé puis vidé de ses organes, qui sont placés dans des vases, appelés vases canopes. Ensuite, il est asséché puis enveloppé de bandelettes. Finalement, il est déposé dans plusieurs sarcophages successifs. Les pharaons momifiés étaient ensuite conduits dans leur dernière demeure, la pyramide.

À l'origine, la momification était réservée aux pharaons et aux reines, mais, avec le temps, la pratique s'est étendue aux classes inférieures de la société (nobles, paysans, etc.).

L'obélisque

Un obélisque est un grand bloc de granit taillé qui pointe vers le ciel. Pour les Égyptiens, il s'agit d'un monument religieux, que l'on retrouve souvent près des temples. L’obélisque est un des symboles de Rê, dieu du Soleil. Il représente un rayon de soleil figé, car les hommes auraient vu Rê apparaître sous cette forme.

Un obélisque bien connu est celui que l'on retrouve à Paris, sur la place de la Concorse. Il fut donné à la France par l'Égypte en 1831. Il ornait auparavant l'entrée du Temple de Louxor, à Thèbes.


L'obélisque de la Concorde (cliquer pour agrandir)
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Les exercices

Les références